Domaine de la Cour des Lys

Le Domaine de la Cour des Lys

Une histoire de famille — et bien d'autres

Gravure d'époque représentant le Domaine de la Cour des Lys en relais de poste, avec calèche, chevaux, postillon et voyageurs
Le Domaine, ancien relais de poste sur la route de Bayeux
Une histoire de famille

L'éclosion du Domaine de la Cour des Lys.

Mars 2018 — Juin 2019

Avec le temps et la modernisation, les relais postaux disparurent. L'abandon déposa alors son voile d'oubli sur les bâtiments, érodant lentement le lustre d'antan.

En 2018, malgré une première rénovation des façades et toitures en 2002 par un premier passionné, l'ensemble est devenu quasiment une ruine, envahie par la végétation. Sarah et Bertrand, qui sont immédiatement conquis par les lieux, rachètent la bâtisse.

En famille avec leur fille Hélène, ils s'attaquent alors à défricher entièrement la cour, à rénover et aménager les intérieurs et extérieurs, dans le respect des lieux, en mariant avec goût et passion les vieilles pierres et les matériaux modernes.

Pendant près de onze mois, c'est au total 3 700 m² de plancher qui seront restaurés. Le 6 juin 2019, le Domaine de la Cour des Lys ouvre finalement ses portes aux voyageurs.

Et bien d'autres histoires · 11 novembre 1918

Les deux arbres
centenaires.

Depuis la route passant devant la façade rénovée du bâtiment, on ne peut qu'être frappé par la majesté du lieu. Flanqué de part et d'autre de deux platanes — centenaires depuis peu, comme en atteste la pierre gravée sur l'entrée Ouest — on n'est pas loin d'imaginer le véritable bijou d'architecture gardé par ces arbres imposants.

Ces derniers, communément appelés « Arbres de la Liberté », ont été plantés par André Daigremont le 11 novembre 1918, jour de l'Armistice et de la fin de la Première Guerre mondiale. Au cours du XIXᵉ siècle, ces végétaux — symboles de vie, continuité, croissance, force et puissance — sont devenus, aux côtés de la Marianne et de la Semeuse, l'un des emblèmes de la République française.

Ils figurent depuis 1999 sur les pièces françaises d'un et de deux euros.

L'un des deux platanes centenaires du Domaine de la Cour des Lys, photographié de nuit derrière la grille en fer forgé — planté par André Daigremont le 11 novembre 1918
L'un des deux platanes, de nuit
Pierre gravée sur l'entrée Ouest du Domaine — « Arbre de la Liberté · planté le 11 novembre 1918 par A. Daigremont »
La pierre gravée sur l'entrée Ouest
Et bien d'autres histoires · 21 — 27 juin 1786

Le voyage de Louis XVI
en Normandie.

Gravure illustrée du voyage de Louis XVI en Normandie en juin 1786 — portrait du Roi, scène du relais de poste de Sainte-Croix-Grand-Tonne, carte de la route Cherbourg-Caen, mention de l'Auberge fortunée
D'après le manuscrit Le Tellier, édition 1824

Passionné depuis l'enfance par la mer, Louis XVI fut l'initiateur des travaux de la digue de Cherbourg : il s'agissait, pour le souverain, de faire du port normand une base navale militaire capable de prendre revanche sur les Anglais.

En 1776, le Roi charge Suffren de choisir le port le plus adéquat. Dix ans plus tard, du 21 au 27 juin 1786, Louis XVI effectue en Normandie l'unique voyage en province de son règne, pour officialiser les travaux de Cherbourg.

Le 22 juin 1786, il fait étape à Caen sur les dix heures, dans une cohue presque dangereuse — certains risquent de se faire écraser par les voitures du cortège. Le Roi « accorde aux habitants la permission de lui élever une statue ».

Après Caen, Louis XVI trouve qu'on ne le nourrit pas assez et pique une fringale de beurre, d'œufs frais et de pain de ménage au relais de poste de Sainte-Croix-Grand-Tonne — l'actuel Domaine de la Cour des Lys — dont les tenanciers manquent périr de saisissement. Tout le village accourt pour le voir manger, et le Roi fait largement offrir à boire.

On raconte qu'à la suite de cet événement, le relais de poste prit le nom d'« Auberge fortunée ».

D'après le manuscrit Voyage de Louis XVI dans sa province de Normandie, attribué à Le Tellier, ancien maire d'Harfleur — édition 1824.

Et bien d'autres histoires · Juin à Novembre 1786

La fabuleuse histoire
de Louisette.

Gravure intitulée « Une halte modeste, un geste royal » — Louis XVI face à Louisette dans la salle de l'Auberge fortunée, à Sainte-Croix-Grand-Tonne, le 26 juin 1786 (aujourd'hui le Logis Louis XVI, au rez-de-chaussée du Domaine de la Cour des Lys)
« Une halte modeste, un geste royal » · 26 juin 1786La scène se déroule dans ce qui est aujourd'hui notre Logis Louis XVI, au rez-de-chaussée.

Le seul voyage en province que fit Louis XVI durant son règne fut en Normandie, pour se rendre à Cherbourg. La vieille France renouait avec l'antique tradition des Joyeuses Entrées : sur les villes traversées, la devise gravée Apertis cordibus— « à cœurs ouverts » — accueillait le Monarque. Cérémonie touchante, pleine d'émotion.

Sur la route de Bayeux, à Sainte-Croix-Grand-Tonne, le cortège royal s'arrêta dans une modeste auberge au bord de la route — l'actuel Domaine de la Cour des Lys. Le Roi entra dans le logis, s'assit sur un banc de bois à la table des voyageurs, et demanda des œufs frais, du pain de ménage et du beurre, qu'il savoura avec délices.

Le tenancier tomba des nues. Tout le village étant accouru, Sa Majesté offrit une tournée générale. Une jeune paysanne prénommée Louisette se tenait à l'écart, n'osant approcher, et ne partageait ni la gaieté ni la société de ses compagnes. Cette singularité frappa le Roi, qui la fit venir.

— Qu'avez-vous donc, jeune femme ?

— Monseigneur, je suis enceinte d'un garçon que mes parents (Fernand et Philippa) me refusent pour mari ; daignez me l'accorder, dit-elle en pleurant amèrement et tombant à genoux.

— Votre état est blâmable, lui répliqua le Monarque d'un ton sévère ; mais votre demande est légitime. Je veux que vous soyez mariée pour mon retour, et je vous dote.

Le Roi tint parole. On s'empara de la jeune fille, on la félicita sur l'heureuse circonstance qui lui rendait l'honneur et la joie ; le carillon du village se fit entendre pour annoncer aux hameaux d'alentour l'allégresse et l'admiration dont la justice et la bonté du Roi venaient de remplir tous les cœurs.

L'auberge prit dès lors le nom d'Auberge fortunée. C'est ainsi que Louisette et Jean se marièrent. Martin, l'aîné d'une grande lignée, vint au monde le 28 novembre 1786.

En reprenant la route, Louis XVI s'interrogeait : « Pourquoi reçois-je ici des témoignages d'amour auxquels je ne suis point habitué ? » — et cela, moins d'un mois après la gifle du Parlement et les cris d'hostilité des faubourgs.

L'accès

Accéder au Domaine.

Adresse

Domaine de la Cour des Lys
Les Housses, RD 613
Sainte-Croix-Grand-Tonne
14740 THUE ET MUE

Stationnement

Parking 120 véhicules gratuit, accessible aux autocars.
Deux prises électriques gratuites pour recharge véhicules électriques.

En train

À 10 minutes de la gare de Caen
et à 10 minutes de la gare de Bayeux.
Navette du Domaine sur réservation.

En avion

À 7 minutes en voiture de l'aéroport de Caen-Carpiquet et à 1 heure de l'aéroport de Deauville.
Navette du Domaine sur réservation.

En ferry — depuis l'Angleterre

À 20 minutes seulement du port de Ouistreham (ferry Portsmouth-Ouistreham) — l'option la plus simple pour vos invités venant du Royaume-Uni.
Navette du Domaine sur réservation.

En voiture — depuis Caen

Suivre la N13 en direction de Thue et Mue. Sortie 35 puis direction Sainte-Croix-Grand-Tonne via la RD 613 — le Domaine est à seulement 1 km de l'échangeur. 10 minutes depuis le centre de Caen.

Horaires

Mardi – Samedi
8h – 12h · 13h30 – 17h30